Lorsqu’une procédure de surendettement laisse subsister la créance

26 Juin. 2023 | Droit bancaire et sûretés, Infos, Veille juridique

Lorsqu’une procédure de surendettement est ouverte, les créanciers de la personne qui fait l’objet de la procédure doivent se soumettre à une procédure de vérification de leurs créances.

Les créances sont vérifiées pour les besoins de la procédure de surendettement.

Ils transmettent à la commission les pièces qui justifient de leur créance. Le montant qui sera inscrit sur l’état du passif, et que le débiteur aura à acquitter en fonction des modalités qui seront arrêtées pendant la procédure de surendettement, est celui arrêté lors de cette procédure de vérification.

Cependant, l’article R723-7 du code de la consommation donne à la décision une portée limitée. En effet, la vérification de la validité des créances et de leur montant n’est réalisée que pour les besoins de la procédure de surendettement et afin de permettre à la commission de poursuivre sa mission.

Lorsqu'une procédure de surendettement laisse subsister la créance

La vérification n’a qu’une portée restreinte.

La Cour de cassation s’est prononcée depuis longtemps sur la portée restreinte de la décision prise dans le cadre de la procédure de surendettement (Cass. 1er civ., 9 oct. 2001, Sté Abbey national France c/ B. Belaïd, Bull. civ. I, n°251).

Elle refuse de lui reconnaître l’autorité de la chose jugée. En effet d’après l’article 1355 du code civil, l’autorité de la chose jugée n’a lieu qu’à l’égard de ce qui a fait l’objet du jugement : « Il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité. »

Les poursuites peuvent être reprises.

La solution est confirmée dans un arrêt du 17 mai 2023 (Cass. Civ. 1ère, 17 mai 2023, 22-10.193). La créance déclarée par la banque avait été réglée dans le cadre du surendettement. Une fois la procédure clôturée, la banque avait engagé une procédure de saisie immobilière, en calculant différemment sa créance : elle n’était pas tenue par le chiffre déclaré et retenu lors de la procédure de surendettement.

La Cour d’appel ne pouvait donc pas opposer à la banque l’autorité de la chose jugée de la décision rendue dans la procédure de surendettement. Elle devait chiffrer le montant de la créance de la banque et en vérifier l’existence par elle-même, avant de déclarer le créancier dépourvu de toute créance.

Photo de Thierry Wickers, avocats Elige Bordeaux

Auteur de l’article

Thierry WICKERS
Avocat associé à Elige Bordeaux

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rémunération des syndics de copropriété : rappel des règles du jeu !

La cour de cassation rappelle les règles du jeu en matière de rémunération des syndics de copropriété.Dans un arrêt rendu le 27 février 2025, la Cour de cassation vient de clarifier des points importants concernant la rémunération des syndics et les droits des...

En cas de fraude bancaire, la responsabilité des banques n’est plus automatique

Deux arrêts récents de la Cour de cassation viennent de redéfinir les contours de la responsabilité des banques en cas d'opérations frauduleuses. Ces décisions, rendues le 15 janvier 2025, ont des implications importantes pour les clients des établissements...

Quand peut-on contester la vente d’un bien par son débiteur ?

L'action paulienne est un outil juridique puissant, mais méconnu, qui permet à un créancier de contester une vente réalisée par son débiteur si cette vente a pour but de le priver de son dû. La Cour de cassation a récemment rendu une décision importante à ce sujet, le...

OFFRE DE STAGE – Stage avocat en Droit des affaires de 6 mois

Elige Bordeaux recrute un stagiaire H/Fpour une immersion complète d'une durée de 6 mois,qui sera rattaché au département en Droit des affaires.LE POSTE Elige Bordeaux recherche actuellement un stagiaire, pour une immersion complète d'une durée de 6 mois, qui sera...

La résidence principale insaisissable après la cessation d’activité

L'insaisissabilité de la résidence principale se maintient après la cessation d'activité.Un artisan, ayant cessé son activité a été radié du répertoire des métiers en décembre 2017, a été mis en liquidation judiciaire en octobre 2018. Le liquidateur a demandé la vente...

Bulletin Elige – Numéro 9

Découvrez le bulletin Elige n°9consacré à nos avocats en Droit des Sociétés.Au sommaire de ce nouveau bulletin, on retrouve :PAGE 1Découvrez les avocats des sociétés Elige intervenant en Droit des Sociétés. PAGE 5Retour en images sur le congrès GESICA 2024 et sur la...

Revirement jurisprudentiel : le compte courant n’est plus clôturé automatiquement en cas de liquidation judiciaire

Dans un arrêt important rendu le 11 septembre 2024, la Chambre commerciale de la Cour de cassation opère un revirement de jurisprudence attendu concernant le sort du compte courant en cas de liquidation judiciaire [1]. Jusqu'à présent, la Cour de cassation considérait...

La désertification médicale au centre des préoccupations des Maires

La santé n'a pas de prix ! Oui, mais elle a parfois un coût exorbitant pour les Maires... La désertification médicale est désormais un des sujets majeurs auquel les Maires doivent faire face afin de répondre aux besoins de leurs administrés.Plus d’un siècle après la...

Les arbres peuvent-ils plaider ?

Une conférence-débat sur l'évolution du cadre juridique pour la protection des éléments naturels a eu lieu en présence de Me Jean Valière-Vialeix, avocat associé chez Elige Limoges.Cet article, publié le 10/10/2024, est extrait du site de la cours d'appel de Limoges :...

Secrétaire de Mairie et responsabilité financière, qu’en est-il ?

Secrétaires de Mairies :Ne tirez pas sur les couteaux suisses de la République ! Le nouveau régime de responsabilité financière des gestionnaires publics, entré en vigueur le 1er janvier 2023, vient de conduire pour la première fois à la condamnation d'une secrétaire...