La discipline des notaires après la réforme – Les nouveaux pouvoirs du président du conseil régional ou interrégional

3 Oct. 2022 | Infos, Veille juridique

Les nouveaux pouvoirs du président
du conseil régional ou interrégional

Le président du conseil régional ou interrégional des notaires n’intervient pas seulement pour décider d’une conciliation et l’organiser. Des pouvoirs propres de sanction et de contrainte lui sont attribués. Il peut les utiliser en préalable aux poursuites disciplinaires, ou comme une alternative à celles-ci.

En sus de son pouvoir d’organiser une conciliation, le président du conseil régional ou interrégional des notaires se voit reconnaître par l’article 6 de l’ordonnance des pouvoirs propres de sanction et surtout de contrainte, inédits et particulièrement étendus.

Il pourra, même d’office, en cas de manquement d’un notaire à ses obligations professionnelles, à l’issue d’une « procédure contradictoire » :

  • Demander des explications à ce notaire ;
  • Le convoquer devant lui ;
  • Lui infliger un rappel à l’ordre ;
  • Lui adresser une injonction de mettre fin au manquement constaté.

L’injonction peut être assortie d’une astreinte, qui tient compte de la gravité des faits et de la situation financière du professionnel, que le président est également compétent pour liquider.

Le président du conseil régional ou interrégional des notaires disposera donc désormais d’un outil d’une grande souplesse, lui permettant d’intervenir rapidement pour régler un conflit. Il devra seulement ne pas oublier qu’aucune sanction ne peut être prononcée sans respect du contradictoire, et donc sans avoir entendu le notaire mis en cause.

Sur le plan temporel, le président peut se saisir de tout fait dont il a eu connaissance, pour peu que cette connaissance ne remonte pas à plus de trois ans (!).

Le seul recours ouvert au notaire sanctionné est une contestation devant le président de la juridiction disciplinaire de premier ressort.

Lorsque le président du conseil régional ou interrégional des notaires exercera ses pouvoirs, non pas dans le cadre d’une saisine d’office, mais de la plainte d’un tiers, il faudra donc combiner la procédure prévue à l’article 4 et celle de l’article 6. Les textes ne déterminent pas un ordre précis des opérations. On peut donc concevoir, par exemple, qu’elle se déroulera parallèlement à la tentative de conciliation, mais d’autres cas de figure pourront se présenter.

Auteur de l’article

Thierry WICKERS
Avocat associé à Elige Bordeaux

bordeaux@elige-avocats.com 

2 Commentaires

  1. BERREGAR

    Bonjour Maître,

    Depuis le 13 mai 1993 je suis victime de juges et procureurs corrompus à la solde du mandataire /liquidateur judiciaire de mon frère par violation de l’article L 621-9 et L 621-43 du code du commerce, à mon insu co-propriétaire depuis le 10 juillet 1992.

    Le 17 décembre 2008 par violation des articles 12 464 770 du code de procédure civile, de violation des articles 4 824 et 825 du code civil.

    Le 6 janvier 2014 par violation des préliminaires de Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 de violation de l’article 593 du code de procédure pénale
    • Mon frère a touché ses salaires différés par donation mobilière par préciput le 29 septembre 1970.Mentionné article 774 du code général des impôts, soumis à attestation de salaires différés articles 931 à 948 du code civil. La donation qui nous a été transmise était dépourvue de cette attestation.

    • Jurisprudence Cour de cassation chambre civile 1 Audience publique du mardi 22 mars 2005 N° de pourvoi : 02-21332 Publié au bulletin

    Le juge n’en a pas tenu compte en violant l’article 4 du code civil.
    Jurisprudence cass.civ.17 mars 2010 N° de pourvoi 08-21723

    Laissant aux notaires et au liquidateur judiciaire de mon frère libre cours pour me spolier. Les salaires différés ont été réimputés dans l’acte de partage, malgré mes protestations j’ai dû accepter le partage forcé suite à un procès-verbal de difficultés truqué en l’étude d’un notaire.

    J’ai été convoqué à la gendarmerie le 22 octobre 2022, pour confirmation d’une plainte au procureur que j’avais transmise le 21 février 2022, pour dénonciation de crime commis par des officiers ministériels chargés de mission de service public, agissant par association de malfaiteurs en vue de déposséder de mes biens depuis le 13 mai 1993

    Pouvez-vous m’établir une convention d’honoraires SVP merci.

    A vous lire.

    Je vous prie d’agréer Maître mes salutations distinguées.

    Réponse
    • Elige

      Bonjour,

      Nous avons bien pris connaissance de votre problématique.
      Cependant afin d’appréhender tous les aspects de votre demande, nous vous prions de bien vouloir vous rapprocher du cabinet d’avocats Elige le plus proche.

      Nous vous invitons à cet effet à vous rendre sur notre page Contact via le lien suivant : https://elige-avocats.com/contact/

      Nous vous souhaitons une excellente journée.

      Bien cordialement,

      Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En cas de divorce, la personne ayant le moins de revenu a-t-elle le droit à une prestation compensatoire ?

Le divorce entraîne souvent des bouleversements financiers importants, notamment lorsqu'il existe un écart de revenus significatif entre les époux. Vous gagnez moins que votre conjoint et envisagez une séparation. Vous vous interrogez sûrement sur vos droits...

Sous-traitance notariale : ce qui est (vraiment) autorisé en 2026

Le 10 novembre 2025, le Conseil d'État a définitivement validé l'article 2.2 du règlement professionnel du notariat, qui encadre strictement la sous-traitance des activités notariales. Cette jurisprudence met fin à plusieurs années d'incertitude et répond en grande...

Sous-location illégale, quel risque pour Airbnb sur sa plateforme ?

Le 7 janvier 2026, la Cour de cassation a rendu un arrêt jugeant que la société Airbnb n'avait pas la qualité d'hébergeur Internet car elle jouait un rôle actif à l'égard des utilisateurs.Cette décision a fait l'objet d'un communiqué de presse, ce qui signifie que la...

Bulletin Elige – Numéro 11

Découvrez le bulletin Elige n°11consacré à nos avocats en droit de la santé et réparation du préjudice corporel (victimes d'erreurs médicales).Au sommaire de ce nouveau bulletin, on retrouve :PAGE 1Découvrez les avocats des sociétés Elige intervenant en droit de la...

Opérations de paiement non autorisées : quels délais pour agir ?

Un arrêt rendu par la chambre commerciale de la Cour de cassation le 2 juillet 2025 apporte une clarification importante sur l'interprétation de l'article L. 133-24 du Code monétaire et financier. Cette décision, qui met un terme à une divergence d'interprétation des...

Perte de chance : 2 arrêts de l’Assemblée plénière le même jour. Quelle chance !

Par deux arrêts du 27 juin 2025, l'Assemblée plénière de la Cour de cassation a mis fin à une incertitude jurisprudentielle en matière de réparation du préjudice de perte de chance.Elle impose désormais au juge d'indemniser la victime pour une perte de chance...

Le pourboire dématérialisé, une aubaine pour l’URSSAF !

La dématérialisation des paiements, si pratique au quotidien, invite le droit à se pencher sur des usages aussi anciens que le pourboire. La Cour de cassation, dans un arrêt du 5 juin 2025, vient de trancher une question née de cette modernité : quel est le régime...

Assurance COVID : l’hôtel était-il du bon côté de la carte ?

Une décision de la Cour de cassation du 19 juin 2025 vient rappeler aux hôteliers les conditions très strictes pour obtenir l'indemnisation de leurs pertes d'exploitation subies durant la crise sanitaire. Pour les professionnels du secteur, l'enseignement est clair :...

La transparence dans la discipline notariale : encore un effort !

Dans un contexte d'évolution de la déontologie et de la procédure disciplinaire, la publication des décisions disciplinaires est essentielle, mais le syst-me actuel révèle des limites notables.Le cadre légal : un progrès depuis 2022L'ordonnance n° 2022-544 du 13 avril...

Les 5 choses à prendre compte lors d’un divorce ou une séparation

1. La résidence des enfants et l'autorité parentale.La question de la résidence des enfants et de l'exercice de l'autorité parentale est primordiale. Il s'agit de déterminer où vivront les enfants, comment seront organisés les droits de visite et d'hébergement, et...