La résidence principale insaisissable après la cessation d’activité

19 Déc. 2024 | Infos

L’insaisissabilité de la résidence principale se maintient après la cessation d’activité.

Un artisan, ayant cessé son activité a été radié du répertoire des métiers en décembre 2017, a été mis en liquidation judiciaire en octobre 2018. Le liquidateur a demandé la vente de la résidence principale du débiteur, ce que la cour d’appel a autorisé, estimant que l’insaisissabilité ne s’appliquait plus du fait de la cessation d’activité.

C’est l’occasion, pour la Cour de cassation de préciser la durée de la protection (Com. 11 septembre 2024, F-B, n° 22-13.482).

La décision de la Cour de cassation

La Haute juridiction a cassé l’arrêt d’appel, établissant un principe important : les effets de l’insaisissabilité subsistent tant que les droits des créanciers auxquels elle est opposable ne sont pas éteints. Ainsi, la cessation de l’activité professionnelle ne met pas fin, en elle-même, à la protection de la résidence principale.

Les implications de cette décision

Continuité de la protection : l’insaisissabilité perdure après l’arrêt de l’activité pour les dettes professionnelles antérieures.

Focus sur les dettes : c’est l’existence de dettes professionnelles, et non le statut actuel du débiteur, qui détermine l’efficacité de l’insaisissabilité.

Cohérence avec le droit des procédures collectives : cette approche s’aligne avec la possibilité d’ouvrir une procédure collective après la cessation d’activité.

Conclusion

Cette décision renforce la protection des entrepreneurs en difficulté, en garantissant que leur résidence principale reste à l’abri des créanciers professionnels, même après l’arrêt de leur activité. Elle souligne l’importance de considérer la nature des dettes.

Photo de Thierry Wickers, avocats Elige Bordeaux

Auteur de l’article

Thierry WICKERS
Avocat associé à Elige Bordeaux

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Rupture de convention d’honoraires : la clause pénale encadrée

La liberté du client de mettre fin au mandat de son avocat constitue un principe fondamental, corollaire de la relation de confiance intuitu personae. Pourtant, la pratique des conventions d'honoraires au forfait conduit fréquemment à l'insertion de clauses...

OFFRE EMPLOI – Collaborateur(trice) en droit bancaire et de la consommation, droit des contrats et droit pénal

La société d'avocats Elige Bordeaux recruteun(e) collaborateur(trice) en Droit bancaire et de la consommation, droit des contrats et droit pénal.La société d’avocats Elige Bordeaux, située au coeur de Bordeaux, fait partie d’une société inter-barreaux...

Acte de vente notarié : combien de temps pour le rectifier ?

Par un arrêt du 16 avril 2026, publié au Bulletin (n° 24-22.365), la troisième chambre civile de la Cour de cassation a posé, pour la première fois de façon aussi nette, que l'action en rectification d'un acte notarié de vente immobilière est une action personnelle,...

Un commissaire de justice peut désormais faire appel de la décision rendue sur son rappel à l’ordre

Rappel à l'ordre d'un commissaire de justice : la décision du président de la chambre de discipline est susceptible d'appel.Par un arrêt de principe publié au Bulletin, la première chambre civile de la Cour de cassation tranche, pour la première fois depuis l'entrée...

Fraude bancaire : quels recours contre la banque après un virement autorisé ?

Lorsqu’un client est victime d’une fraude bancaire, la question du remboursement par la banque se pose immédiatement. Mais que se passe-t-il lorsque les virements ont été autorisés par le titulaire du compte lui-même, notamment dans des situations de fraude affective...

Paiement non autorisé : quels sont les délais pour agir ?

Dans quel délai l’utilisateur doit-il dénoncer une opération de paiement non autorisée ? C’est la question tranchée par la Chambre commerciale de la Cour de cassation, dans un arrêt du 14 janvier 2026.Un litige bancaire aux enjeux procéduraux majeursLa société...

Etat des lieux de sortie : les bons réflexes à avoir

Relations tendues entre propriétaire et locataire d'un bail à usage d'habitation ? Voici quelques réflexes à adopter au moment de l'état des lieux pour aborder ce moment sereinement.Les relations entre bailleurs et locataires ne sont pas toujours un long fleuve...

Fraude non détectée par l’auditeur dans les comptes d’une entreprise : qui peut obtenir réparation ?

Le commissaire aux comptes ne répond pas seulement de ses actes envers la société qu'il contrôle, mais aussi envers les tiers qui auraient subi un préjudice du fait de ses fautes ou négligences.Les faits : une fraude non détectée pendant douze ansLes commissaires aux...

Conclusions d’appel : augmenter sa demande, un piège à éviter !

Le 11 septembre 2025, la 2ème Chambre civile de la Cour de cassation a rendu un arrêt passé presque inaperçu (N° 22-20.458), alors que la solution dégagée est de nature à constituer un nouvel obstacle pour les praticiens de la procédure d’appel.Les faits étaient...

Surendettement et prescription biennale : suspension ou interruption ?

Un arrêt du 23 octobre 2025, apporte une clarification majeure pour la gestion des dossiers de crédit en situation de surendettement. Il impose aux établissements de crédit une vigilance accrue dans le calcul des délais de prescription.Les faits et la...